Après l’installation du Conseil présidentiel de transition, la formation du gouvernement Garry Conille a remis la question de la représentation des femmes au centre du débat.
Le nouveau cabinet annoncé en juin 2024 compte quatre femmes sur 14 ministres. La communauté internationale présente à l’installation y voit, nous dit Le Nouvelliste, une avancée significative vers l’inclusion. L’Associated Press remarque toutefois que cette présence des femmes restait jugée insuffisante par des observateurs.
La présence de femmes dans un gouvernement de transition compte. Elle permet à des citoyennes d’exercer des responsabilités publiques, de diriger des ministères, de participer à la gestion quotidienne de l’État. Elle donne aussi à d’autres femmes, plus jeunes ou déjà engagées, des exemples plus visibles de leadership. Mais elle ne répare pas à elle seule l’absence initiale des femmes dans l’architecture politique de la transition ni d’ailleurs le fait que le pourcentage de femmes n’atteint pas le minimum de 30% établi par la Constitution.
La question n’est donc pas seulement de savoir si ou même combien de femmes se trouvent dans l’équipe gouvernementale. Il faut aussi regarder où elles se trouvent, quels pouvoirs elles exercent, dans quels espaces elles votent, quelles décisions elles peuvent influencer et à quel moment elles sont intégrées au processus.
Fòk Yo La rappelle que la représentation politique ne peut pas être réduite à une addition tardive et symbolique. Les femmes doivent être présentes dès la conception des accords, dans les organes qui fixent les règles du jeu, dans les partis qui désignent les responsables, dans les institutions qui préparent les élections et dans les communautés qui demandent des comptes.
La transition ne sera inclusive que si elle prépare concrètement l’accès des femmes aux prochaines étapes : partis, candidatures, campagnes, financement, visibilité médiatique, sécurité, institutions électorales et postes de décision.
Ce billet prolonge notre analyse sur la seule femme au Conseil de transition. Pour poursuivre, consulter aussi le rapport Fanm pou Chanjman.

