La seule femme au Conseil de transition n’a pas droit de vote

Le Conseil présidentiel de transition compte une seule femme, placée parmi les observateurs sans droit de vote. Pour Fòk Yo La, cette composition dit clairement la place encore accordée aux femmes dans les décisions politiques majeures.
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Le Conseil présidentiel de transition (CPT) devait ouvrir une nouvelle étape politique. Sa composition a envoyé un message très clair aux Haïtiennes : même appelée à la table, une femme reste à distance des décisions.

Le CPT compte sept membres de plein droit et deux observateurs sans droit de vote. La seule femme au Conseil , Régine Abraham, fait partie des observateurs. Elle est donc présente, mais sans voix délibérative au moment de trancher. Dans la presse internationale, ce conseil de neuf membres, formé de huit hommes, intéresse par sa construction inédite. Le Monde s’arrête sur cette distinction entre membres de plein droit et observateurs ; Reuters interroge également cette structure exécutive dont deux membres ne décident rien.

Le Conseil devant conduire Haïti aux prochaines élections n’a qu’une femme sur neuf et elle n’a pas son mot à dire. Le symbolisme ici est certes puissant mais ce n’est pas seulement une question de symbole. Le Conseil de transition doit participer aux choix qui engagent l’avenir immédiat du pays : sécurité, gouvernement, élections, institutions, calendrier politique. Dans ce contexte, placer la seule femme en position d’observation revient à dire que la participation des femmes peut être reconnue sans être pleinement comptée dans la décision.

Fòk Yo La défend depuis 2021 une idée simple : les femmes doivent être présentes dans les lieux où se prennent les décisions publiques. Pas seulement consultées. Pas seulement invitées. Pas seulement visibles. Présentes avec le droit de proposer, de délibérer, de voter et d’assumer des responsabilités.

La transition politique ne peut pas préparer un retour démocratique solide en reproduisant les mêmes exclusions. Si les femmes sont majoritaires dans la population et actives dans les familles, les écoles, les marchés, les organisations, les médias, les quartiers et les communes, elles doivent aussi l’être dans les institutions qui prétendent parler au nom du pays.

Le problème n’est pas l’absence d’une femme en particulier. Le problème est l’absence d’un principe clair : aucune transition démocratique ne devrait être construite en laissant les femmes au bord de la décision.


Pour replacer cette position dans le travail de Fòk Yo La, lire aussi Où sont les femmes ?, Un siècle de femmes en politique et Fanm pou Chanjman.

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